Pour publier sans risque, indiquez toujours la contrepartie éventuelle (« publicité », « partenariat rémunéré »), ne formulez aucune recommandation d’investissement sans autorisation de l’AMF, et rappelez les risques essentiels, comme le risque de perte en capital. Archivez ensuite chaque publication. La loi du 9 juin 2023, l’AMF, l’ACPR et le certificat de l’ARPP vous donnent les repères pour agir sans ambiguïté.
En bref:
- Dès qu’une rémunération, une invitation ou un avantage intervient, affichez publicité avant voir plus, puis répétez la mention dans chaque format associé.
- Une opinion sur l’évolution d’un actif peut déjà constituer une recommandation, même publiée à titre personnel ; la formule ceci n’est pas un conseil ne protège pas.
- Le renvoi vers une page détaillée ne suffit pas : le post doit résumer l’offre et présenter les risques avec autant de visibilité que les avantages.
- Pour démontrer la conformité, consignez l’auteur, la validation et la date, conservez captures horodatées et versions, puis archivez aussi les commentaires problématiques et vos réponses.
- Avant toute promotion de crypto-actifs, vérifiez que la société dispose de l’enregistrement ou de l’agrément requis ; annonceur, mandataire et influenceur peuvent partager la responsabilité.
Plusieurs blocs de règles s’appliquent à vos prises de parole. Ils se cumulent, et aucun ne disparaît parce que le format est court ou que le post est « juste » un avis personnel.
Le dirigeant qui publie sous son propre nom n’est donc pas hors champ. Votre profil est un canal de communication de votre entreprise, et les autorités le lisent comme tel.
Une mention conforme est une mention que le lecteur voit avant de cliquer sur « voir plus ». L’ARPP a actualisé sa fiche pratique sur ce point : identification instantanée, formulations claires en français.
Voici la marche à suivre pour un post, un article ou une vidéo :
Pour un format très court, l’AMF admet qu’un avertissement adapté, par exemple « Communication publicitaire », puisse remplacer un long texte, à condition de préserver la visibilité et l’équilibre de l’information.
Conseil de pro : rédigez une fois pour toutes trois ou quatre formules validées par votre conformité, et enregistrez-les comme extraits de texte dans votre outil de rédaction. Vous gagnez du temps et vous évitez les improvisations de dernière minute.
Si vous cherchez à articuler ces règles avec votre prospection, ce guide sur la prospection LinkedIn B2B aide à structurer un premier contact ciblé, que vous pouvez ensuite passer au crible de la même checklist.
C’est un cas sensible, souvent mal compris. La notion de recommandation est large : exprimer une opinion sur l’évolution d’un actif peut suffire à la qualifier. Peu importe que vous écriviez « à titre personnel » ou que le ton soit celui d’une conversation.
Les points de vigilance sont les suivants :
Être conforme ne suffit pas : il faut pouvoir le démontrer après coup, devant un régulateur ou un client mécontent. Plusieurs dispositifs y concourent.
L’ACPR recommande aussi de séparer comptes privés et professionnels et d’identifier clairement les seconds. Pour un dirigeant très actif sur LinkedIn, c’est un sujet à trancher dès maintenant.
Imprimez-la ou intégrez-la à votre outil de validation. Voici les points à vérifier.
La formation peut aider à répondre aux difficultés constatées dans le secteur. Selon l’Observatoire de l’Influence Responsable de l’ARPP 2026, la finance reste confrontée à des difficultés de transparence, et les créateurs certifiés obtiennent de meilleurs résultats que les autres.
L’ESMA et l’AMF vont dans le même sens : dans leurs conseils aux finfluenceurs, elles rappellent d’indiquer rémunérations et risques, de vérifier les autorisations des sociétés promues et d’équilibrer avantages et risques. Elles encouragent la formation via l’option sectorielle du certificat ARPP.
Concrètement, l’ARPP propose le Certificat de l’Influence Responsable, option « publicité financière », en lien avec l’AMF. Il s’adresse aux dirigeants qui publient eux-mêmes, aux collaborateurs relais de la marque employeur et aux community managers qui rédigent à leur place.
Un conseil d’organisation : ne certifiez pas une seule personne. Si votre dirigeant, votre responsable communication et votre conformité partagent le même socle, les validations internes vont plus vite et les désaccords se règlent sur des bases communes. La certification ne remplace ni l’avis de votre service conformité ni l’archivage, mais elle réduit les erreurs de départ.

Le format court est un défi sur LinkedIn : un post bref, une vidéo ou un visuel de carrousel. Les professionnels de la finance peinent à y intégrer toutes les mentions obligatoires, comme le soulignent l’ARPP et l’AMF.
Le principe reste constant : brièveté ne veut pas dire omission. Les recommandations sectorielles insistent sur la lisibilité, l’intelligibilité et l’équilibre des mentions, y compris pour la présentation des frais et des conditions d’une offre.
Quelques réflexes pour tenir dans l’espace disponible :
Pour une vidéo, doublez l’avertissement : à l’oral et à l’écran, dans la description et dans le premier commentaire.
Rien ne remplace l’exemple. Voici deux situations fictives, à adapter à votre activité.
Message non conforme : « Notre partenaire a lancé un nouveau placement, rendement exceptionnel, foncez avant la fin du mois ! (ceci n’est pas un conseil) ». Les défauts s’accumulent : contrepartie non déclarée, promesse de performance, incitation à l’achat, avertissement sans valeur juridique, aucun risque indiqué.
Message conforme : « Publicité. Dans le cadre d’un partenariat rémunéré avec [nom de la société], je présente son offre de [type de produit]. Ce produit comporte un risque de perte en capital. Le détail des frais et des conditions figure ci-dessous, et la documentation officielle est disponible auprès de la société. » La contrepartie est visible, le risque est dit, l’équilibre est respecté.

Un autre cas mérite attention : le post d’opinion. « Je pense que ce secteur va s’effondrer, il faut vendre » ressemble à une recommandation, même sans contrepartie. Reformulez en analyse factuelle, ou ne le publiez pas sans le circuit d’une entité autorisée.
La campagne LinkedIn pour fintech que nous avons détaillée sur notre blog illustre comment rester impactant dans les formats courts sans sacrifier les mentions.
Les commentaires sous vos posts sont une extension de votre communication. Si un abonné y promet un rendement, recommande un produit non autorisé ou vous attribue des propos, l’ambiguïté peut se retourner contre vous.
Un processus simple tient en quatre étapes :
Dans vos réponses, appliquez les mêmes règles que pour un post : pas de recommandation individualisée, pas de promesse, rappel des risques si un produit est évoqué. Un échange en messagerie privée sur la situation personnelle d’un prospect peut soulever des questions spécifiques. Vérifiez le cadre applicable avant de répondre.
Définissez enfin qui peut répondre au nom de la structure. Un collaborateur bien intentionné qui commente « oui, ce produit est excellent » depuis son compte engage involontairement votre entreprise.
La conformité n’est pas un frein à la visibilité : elle fait partie du positionnement. Les investisseurs consultent les comptes et publications des établissements financiers sur les réseaux sociaux avant d’investir : la crédibilité de votre prise de parole est un actif commercial.
Quelques pratiques qui font tenir ensemble autorité et sécurité :
Pensez la conformité en amont du calendrier éditorial, pas en correction de dernière minute.
Le cadre bouge, et les autorités publient régulièrement de nouveaux supports. En 2026 seulement, l’AMF a mis en ligne une fiche dédiée aux finfluenceurs et une étude sur l’influence des réseaux sociaux sur l’activité des investisseurs particuliers. Cette dernière relève une corrélation entre activité virale et volatilité des cours, ce qui renforce la surveillance des publications susceptibles de provoquer des mouvements artificiels.
Pour ne pas vous laisser surprendre :
Quand une règle change, révisez vos formules types, informez vos relais et mettez à jour votre checklist. Ce n’est pas une tâche lourde si elle est ritualisée.
Aucun outil ne remplace la décision humaine, mais plusieurs briques allègent le travail et améliorent la traçabilité.
L’essentiel est de relier la validation avant publication, la preuve de ce qui a été publié et le suivi de ce qui s’est passé ensuite.
Notre conviction est simple : les dirigeants de la finance qui traitent la conformité comme un élément de leur positionnement, et non comme une contrainte subie, gagnent des prospects plus sûrs d’eux. Un audit de conformité éditoriale suivi d’un atelier dédié permet de repérer les risques, de fixer des formules prêtes à l’emploi et de former les équipes qui publient. Le bénéfice est double : sécurité juridique pour vous, confiance pour ceux qui vous lisent. Nous pouvons commencer par un diagnostic de vos prises de parole actuelles.
— Digital Dandy

Notre accompagnement peut passer vos publications et votre mode de fonctionnement au crible des règles évoquées ici. Il peut inclure une checklist adaptée à votre activité, des modèles de mentions et un plan d’archivage, ainsi qu’un atelier sur-mesure pour aider vos équipes à appliquer ces pratiques au quotidien. Découvrez nos offres « Marque et positionnement », « Dopez votre influence sur LinkedIn » et « Atelier sur-mesure » sur Digitaldandy, et demandez votre diagnostic dès aujourd’hui.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller financier qualifié. Consultez un professionnel financier qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Oui, dès qu’il existe une contrepartie, financière ou en nature. La loi du 9 juin 2023 impose de rendre le caractère promotionnel clair, lisible et explicite. La mention doit être visible dès les premières lignes.
Non. Cette mention est juridiquement inefficace si le contenu constitue en réalité une recommandation d’investissement. Ce qui compte, c’est la nature du message, pas son étiquette.
Seulement si la société promue dispose de l’enregistrement ou de l’agrément requis en France. Vérifiez-le avant toute publication, car la promotion par une personne ou pour une société non autorisée est interdite.
Oui, c’est recommandé. L’ACPR demande une politique d’archivage stable afin de prouver la conformité a posteriori et de traiter les réclamations. Captures datées et exports réguliers constituent un minimum.
Non. Les formats courts ne permettent pas de se limiter à un simple renvoi hypertexte. Un résumé équilibré, incluant les risques majeurs, doit figurer dans le post lui-même.