Rétrospective sur la fintech française en 2025 : moins de levées, plus d’emplois les 4 signaux qui prouvent que l’écosystème a changé d’ère

Elsa Fauroux
Elsa Fauroux
Cofondatrice de Digital Dandy, est consultante en communication digitale spécialisée dans la finance. Forte de plus de 10 ans d’expérience auprès de CGP, promoteurs immobiliers et fintech, elle allie créativité et pragmatisme pour concevoir des récits qui convertissent, tout en respectant les contraintes réglementaires. Experte en compréhension des besoins dirigeants, elle transforme les ambitions en actions concrètes, contribuant à bâtir des marques fortes et différenciantes sur un marché exigeant.
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Leadership & tendances sectorielles
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27.1.2026

Le discours ambiant sur la tech en 2025 est souvent teinté de prudence, voire de pessimisme. Les gros titres se concentrent sur la contraction des financements, et la Fintech française n'échappe pas à cette narrative avec une baisse notable des levées de fonds. 

Il serait pourtant erroné de n'y voir qu'un signe de faiblesse. Derrière ce chiffre se cache une réalité bien plus complexe et, à bien des égards, plus encourageante.

Contre toute attente, l'écosystème Fintech français n'a jamais été aussi robuste en termes d'emploi et de maturité. Le secteur a franchi un cap, passant d'une adolescence marquée par l'hypercroissance et la quête de valorisations stratosphériques à un âge adulte, où la rentabilité, la résilience et la valeur opérationnelle priment.

Le discours ambiant sur la tech en 2025 est souvent teinté de prudence, voire de pessimisme. Les gros titres se concentrent sur la contraction des financements, et la Fintech française n’échappe pas à cette narrative avec une baisse notable des levées de fonds.

Mais s’arrêter à ce chiffre serait une erreur d’analyse. La vérité 2025 est contre-intuitive : la Fintech française lève moins, mais elle recrute plus  et surtout, elle se structure.

Car derrière la baisse des levées se dessine une réalité autrement plus structurante : l’écosystème a grandi.  Moins “startup nation sous perfusion”, plus industrie logicielle, plus infrastructures, plus rentabilité, plus exécution. Et surtout : plus d’emplois.

À partir du rapport L'année de la Fintech 2025 réalisé par l'Observatoire du Fintech, voici 4 vérités contre-intuitives.

1) Moins de cash, plus de talents : le paradoxe (très sain) de la maturité

Premier signal : la décorrélation entre financement et recrutement.

  • Les levées reculent (environ -22 %, à 1,1 Md€)
  • L’emploi progresse (+10 %), avec plus de 3 300 emplois nets créés
  • Le secteur atteint un record proche de 38 000 postes

Ce que cela raconte, en creux : la fin d’un cycle. 

L’époque où l’on “achetait” la croissance via du capital-risque pour gagner du temps est moins dominante. À la place, on voit émerger une phase plus industrielle :

  • des entreprises établies,
  • des modèles plus prévisibles,
  • une expansion internationale,
  • et des recrutements orientés delivery (produit, conformité, ops, sales enterprise), pas seulement “hype”.

“En 2025, malgré un recul des financements, la Fintech française démontre sa résilience, son dynamisme en M&A et son leadership en Europe.”, énonce Mikaël Ptachek, Président de l'Observatoire de la Fintech

👉 En clair : moins de storytelling de valorisation, plus de création de valeur opérationnelle.

2) Les fintechs ne se font plus racheter par les banques, mais par les éditeurs de logiciels... et par d'autres fintechs

Deuxième surprise : la carte des acquéreurs s’est déplacée.

En 2025, les éditeurs logiciels / services IT deviennent les premiers acheteurs (en volume), et les fintechs elles-mêmes prennent une place majeure dans la consolidation. 

Les banques/assureurs, eux, ne sont plus systématiquement “le destin naturel” des startups.

L'exemple le plus emblématique de cette tendance est sans conteste le rachat de la néobanque Shine par le géant des logiciels de gestion Cegid, pour un montant supérieur à 1 milliard d'euros, ce qui en fait la plus importante acquisition de l'histoire de la Fintech française. 

L'objectif stratégique est clair : créer un « hub financier unifié » pour les TPE/PME, en combinant les services bancaires de Shine avec les outils de comptabilité, de paie et de gestion de Cegid.

Ce mouvement de fond illustre une convergence majeure entre le SaaS (Software as a Service) et la finance. 

La valeur se déplace des produits financiers autonomes vers des plateformes B2B intégrées qui offrent une solution complète pour piloter l'ensemble des flux financiers et administratifs d'une entreprise. 

Cette convergence n'est pas seulement visible dans les M&A ; elle est alimentée par une nouvelle génération de fintechs qui sont devenues le véritable moteur de la croissance de l'écosystème.

La Fintech devient une brique d’infrastructure : la plateforme centrale qui fait tourner la gestion au quotidien.

Cette bascule vers des plateformes intégrées pose la vraie question : comment transformer une innovation en usage dans des organisations régulées ?

👉 On développe précisément ce point dans notre article CES Las Vegas 2026 dans la partie “l’usage détrône l’effet waouh”, adoption et confiance.

3) Les stars de 2025 ne sont pas dans votre smartphone : elles sont dans le back-office (la CFO stack)

Troisième vérité, et probablement la plus sous-estimée : la croissance se fait “dans la cave”, pas dans la vitrine.

Le segment Middle & Back-Office est :

  • premier contributeur à la création d’emplois en volume (+730 postes)
  • premier employeur du secteur (environ 6 063 salariés)

Ces acteurs bâtissent les outils d’automatisation : compta, trésorerie, facturation, rapprochements, pilotage, bref, la CFO stack.

Pennylane en est l'illustration parfaite. Avec une croissance de ses effectifs de +56 % en un an, l'entreprise s'est hissée à la 4ème place des plus grands employeurs du secteur, tout en réalisant la deuxième plus grosse levée de fonds de l'année (75 millions d'euros). 

Cette domination du B2B se reflète aussi dans les financements : le secteur concentre à lui seul 25 % de tous les fonds levés en 2025. 

Cette bascule confirme une tendance profonde : le cœur de la création de valeur se déplace vers l'optimisation des processus financiers des entreprises, un univers que l'on nomme de plus en plus la « CFO stack » (la boîte à outils du directeur financier).

Pourquoi c’est stratégique ? Parce que la valeur, en 2025, se loge dans :

  • la réduction des frictions,
  • l’intégration des flux,
  • la fiabilisation de la donnée,
  • et l’obsession du temps gagné côté finance.

👉 Si vous cherchez “où va le marché”, regardez les outils qui rendent les DAF plus rapides, plus fiables, plus conformes.

4) Regtech : quand la réglementation devient un accélérateur de business

Dernier renversement : la réglementation, souvent vécue comme un coût, devient un moteur.

La Regtech enregistre la plus forte progression relative de l’emploi (+18 %) et une dynamique solide côté financement (l’une de ses meilleures années historiques).

Cette dynamique s'explique directement par la pression réglementaire croissante qui pèse sur l'ensemble du secteur financier. L'entrée en vigueur de nouveaux cadres européens complexes comme DORA (sur la résilience opérationnelle numérique) et MiCA (sur les marchés de crypto-actifs) oblige toutes les institutions financières à renforcer leur conformité. 

Cette contrainte se transforme en une opportunité commerciale majeure et non-cyclique pour les entreprises qui développent les solutions technologiques permettant d'atteindre cette conformité.

Ce qui change tout : cette demande est non-cyclique. Quand la conformité augmente en exigence, elle ne “redescend” pas.

👉 Les gagnants sont ceux qui transforment la contrainte en produit : simple, déployable, audit-ready.

Conclusion : la Fintech française construit l’infrastructure de la finance européenne.

La baisse des levées de fonds ne raconte pas une faiblesse. Elle raconte une métamorphose : la Fintech française bascule vers un modèle plus mature, plus B2B, plus infrastructurel.

Les 4 signaux convergent :

  • emplois en hausse malgré moins de cash,
  • consolidation pilotée par le SaaS et les fintechs,
  • domination de la CFO stack,
  • Regtech dopée par l’Europe.

La vitalité se mesure désormais à la capacité de créer des emplois durables, de construire des infrastructures technologiques robustes et de transformer des contraintes, comme la réglementation, en véritables leviers de croissance. Alors que l'ère de l'hypercroissance s'achève, la question n'est plus de savoir qui sera la prochaine licorne, mais qui construira les infrastructures résilientes et rentables qui soutiendront la finance de demain.

La question n’est plus : “qui sera la prochaine licorne ?”
C’est : “qui construira les rails rentables et résilients de la finance de demain ?”

Chez Digital Dandy, nous aidons les acteurs fintech et les acteurs de la finance à transformer l’innovation en adoption en construisant la confiance avant la vente, puis l’usage.

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